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ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR MICHAEL AUGUST BLUME, NONCE APOSTOLIQUE AU BENIN, DOYEN DU CORPS DIPLOMATIQUE A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE PRESENTATION DE VŒUX DU NOUVEL AN A SON EXCELLENCE LE DOCTEUR BONI YAYI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU BENIN AU NOM DU CORPS DIPLOMATIQUE ACCREDITE AU BENIN

 Cotonou, le 5 janvier 2010

 

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement,

 

A l’occasion de cette Nouvelle Année 2010, permettez-moi de m’acquitter d’un devoir que la tradition a instauré et auquel je me soumets avec bonheur et déférence. Cet agréable devoir nous commande, au seuil de chaque Nouvelle Année, de formuler nos vœux les meilleurs à Votre Haute Autorité et, à travers Vous, au peuple béninois tout entier. L’année qui s’ouvre m’offre l’opportunité de prendre la parole, pour la première fois comme Doyen, au nom de l’ensemble du Corps Diplomatique accrédité en République du Bénin, pour Vous présenter, ainsi qu’à tous les béninois, nos vœux de santé, de paix profonde et de prospérité.

 

Excellence Monsieur le Président,

L’année 2009 qui vient de s’écouler aura été difficile et éprouvante à bien des égards et sur plusieurs plans, mais une fois encore le génie béninois a su faire montre de sérénité, de clairvoyance et de sagesse dans la conduite des affaires. Aussi, le Corps Diplomatique, par ma voix, vous exprime-t-il ses vives félicitations pour les actions courageuses posées ici et là et son engagement à Vous soutenir dans la délicate et lourde tâche du développement économique et social du cher Bénin.

 

Excellence Monsieur le Président,

Au cœur de tout développement se trouve d’abord et avant tout la personne humaine, concepteur et réalisateur, en société, de tous les projets qui visent au bien être économique et social des populations et président à l’épanouissement de tout peuple. Pour cela, la culture de la paix et celle démocratique, enracinée dans des valeurs irréductibles, surtout en terre africaine, telles le consensus, le respect inaliénable et inconditionnel de l’autre, la simplicité, la tolérance, l’écoute, la fraternité, la solidarité et le partage participent de la construction harmonieuse d’une Nation forte, réconciliée et véritablement prospère pour ses filles et ses fils.

 

Permettez-moi, au nom de mes pairs, de saluer ici les efforts toujours consentis par les différentes Institutions de la République et le peuple béninois lui-même, quant aux avancées observées dans la collaboration entre ces institutions constitutionnelles dont le même peuple s’est librement doté. Loin d’être tenus pour des acquis irréversibles et malgré les énormes difficultés qui jalonnent encore le chemin, ces progrès méritent qu’on y prête attention et donc d’être encouragés, renforcés et consolidés pour une juste animation de la vie publique.

 

Excellence Monsieur le Président,

Le Corps Diplomatique suit, avec une attention particulière, la situation que traverse ce pays depuis quelques mois et que d’aucuns qualifient de crise politique et sociale. Pour nous, membres du Corps Diplomatique, cela manifeste d’une certaine manière au fond une vitalité de la Démocratie dans laquelle le Bénin s’est engagée depuis la salutaire Conférence Nationale des Forces Vives, il y a une vingtaine d’années. L’adage dit que la valeur d’un Homme d’Etat se mesure à sa capacité à conduire son Peuple en situation de crise. Aussi, dans un environnement déjà difficile que vient aggraver la crise financière internationale, vos différentes rencontres d’échanges avec les couches socio professionnelles et confessionnelles, les membres de la Société Civile, les Syndicats, les têtes couronnées et les forces politiques donnent une fois de plus la preuve de votre volonté de juguler la crise, pour un Bénin émergent toujours plus prospère, toujours plus paisible.

 

Excellence Monsieur le Président,

Les difficultés internes inhérentes à toute entreprise humaine n’ont pas émoussé ni entamé l’ardeur du Bénin au plan des activités régionales et internationales. Les nombreux Sommets et Rencontres auxquels votre pays a activement pris part cette année, les visites effectuées à l’étranger ou reçues au Bénin au cours de 2009, l’ouverture très prochaine ou le renforcement de Missions Diplomatiques dans quelques pays tels que l’Inde, le Qatar, le Saint-Siège et l’Italie témoignent de la densité et de la visibilité des relations bilatérales ou multilatérales entre le Bénin et d’autres pays, ainsi que de l’action diplomatique de ce pays dont l’influence est perceptible dans la gestion des problèmes sous-régionaux, régionaux et internationaux.

 

A juste titre et avec reconnaissance, nous pouvons citer entre autres votre visite d’amitié et de travail aux Pays-Bas du 20 au 24 janvier 2009, au Qatar du 3 au 5 février dernier, en Inde du 3 au 7 mars, en France du 20 au 29 avril et du 3 au 8 décembre, aux Etats-Unis, aux sièges de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International du 29 novembre au 3 décembre, en Espagne du 8 au 10 décembre ; la visite au Bénin de Personnalités d’Etat et de Gouvernement parmi lesquelles S.E Mme Tarja Halonen, Présidente de la Finlande les 11 et 12 mars passé, S.E. Mme Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Liberia du 9 au 10 septembre, S.E.M Teodoro Mbasogo, Chef de l’Etat Equato-Guinéen du 26 au 28 août 2009.

 

Nous ne saurons passer sous silence votre participation personnelle et remarquée aux côtés de vos homologues africains, européens, américains, asiatiques, à certains Sommets comme ceux de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’UEMOA, du FOSRASUN (Forum des Organisations régionales et sous-régionales africaines pour le soutien coopération UA/UNESCO/NEPAD), de l’UNESCO, de l’ONU, de l’Appel de Cotonou contre les faux médicaments, de la FAO sur des questions vitales d’intégration et de développement qui touchent notre planète terre : le réchauffement climatique, la sécurité alimentaire, la crise économique et financière, les conflits, l’accès à l’eau, l’accès à l’éducation, à la santé, pour ne citer que celles-là.

 

Excellence Monsieur le Président,

Au nom du Corps Diplomatique, je Vous sais gré de l’efficacité de la Diplomatie béninoise à travers toutes ses rencontres dont l’objectif fondamental reste finalement, au plan national, l’amélioration des conditions de vie des populations, le développement d’infrastructures d’utilité publique, la lutte contre la corruption et le détournement de deniers publics, l’assainissement des finances publiques, la consolidation de la Démocratie et de l’Etat de Droit, l’avènement d’un Bénin nouveau et, au plan international, l’intégration régionale et sous-régionale, l’accroissement des échanges, le rapprochement des peuples.

 

Faut-il rappeler ici encore, les nombreux Accords de financement intervenus au cours de cette année au profit de votre pays, fruits non seulement de l’excellence des relations de coopération qui lient le Bénin et nos différents Etats et Institutions Internationales mais aussi conséquences de la place de choix que Vous avez accordée à vos partenaires privilégiés.

 

Excellence Monsieur le Président,

La Nation béninoise a placé en Vous sa confiance et ses espérances et votre engagement à œuvrer inlassablement pour une prospérité partagée, pour un mieux être de vos compatriotes vous a amené, Vous et votre Gouvernement, à mettre en place, entre autres, un vaste programme de grands travaux, d’octroi de micro crédits aux plus pauvres dont l’exécution poursuit résolument sa route au bénéfice des villes et campagnes du Bénin.

 

De même, les subventions accordées à certaines franges de l’Enseignement et de la santé publique pour les rendre gratuites et bien d’autres actions sont à mettre au compte de la réalisation des engagements solennellement pris devant le peuple béninois. Nous en savons gré à Votre Haute Autorité.

 

Récemment encore, à l’occasion du lancement de la phase opératoire du Recensement Electoral National Approfondi (RENA) et de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI), le 19 novembre dernier, Vous réaffirmiez votre détermination à respecter intégralement le serment prêté le 6 avril 2006 devant le peuple béninois et à conduire cette Nation vers le progrès et la modernité, selon les règles de la démocratie, conviant, par le fait, toute la classe politique béninoise au dialogue et à la tolérance pour continuer ensemble de mettre Votre pays, le Bénin, sur l’orbite des pays émergeants et du développement durable.

 

Excellence Monsieur le Président,

Le monde entier continue de faire face à de nombreuses crises qui secouent notre planète et dont les répercussions demeurent incalculables pour les pays plus vulnérables. En effet, l’écart économique entre les pays pauvres et les pays plus bénis matériellement tend à se creuser toujours davantage, mettant dangereusement en péril les plus faibles.

 

Avec une certaine complexité des problématiques, les crises naturelle, énergétique et alimentaire, aux effets pervers déjà durement ressentis par nos pays et notamment les Pays en Voie de Développement, n’en ont pas fini de faire peser des menaces sérieuses sur le monde en quête de paix et de stabilité que la crise économique et financière internationale est venue mettre à nouveau l’humanité à rudes épreuves, faisant profondément basculer tous les espoirs.

 

On note aujourd’hui dans le monde, liée à la crise économique et financière, une immense croissance du chômage qui réduit substantiellement les possibilités d’emploi, même au niveau du travail précaire.

Nous en sommes à un tournant critique où le monde entier interpellé doit s’interroger sur les modèles de systèmes qui meuvent ses activités et le mode de gestion du patrimoine commun qu’est la terre, avec ses ressources.

 

Face à des situations de crises si complexes, la sagesse aura recommandée de s’arrêter pour réfléchir sur les conséquences de notre société, hélas, fondée essentiellement sur le développement matériel et apporter des réponses éclairées, adéquates aux grands changements sociaux de notre temps.

 

Dans une société globalisante comme la nôtre, la communauté des peuples et des Nations ne peut se construire solidement et s’épanouir véritablement qu’à la table du dialogue qui provoque un nouvel esprit de solidarité et d’engagement au regard de la répartition inégale des ressources mondiales.

 

En effet, l’expérience ces dernières années a révélé combien est vitale la concertation à divers niveaux, particulièrement au plus haut sommet des institutions internationales. Il doit en résulter naturellement une prise de conscience individuelle et collective de la famille humaine, surtout des dirigeants de tous échelons et la prise en compte des préoccupations à l’échelle planétaire pour préserver le monde des affres de telles crises qui asphyxient dangereusement les pays plus vulnérables en ce qui regarde l’économie mondiale et le développement des peuples.

 

A ce titre et s’il est bien géré au niveau international, le processus de mondialisation, loin d’être un instrument de ségrégation et de marginalisation, peut constituer une occasion propice pour promouvoir le développement intégral qui favorise la rencontre entre les peuples, le dialogue entre les cultures et le respect des différences légitimes. Cela voudra dire que tel processus se traduise dans des gestes concrets de partage et de sollicitude qui empêchent de céder à la tentation du mépris et du refus de l’autre, en particulier de celui qui se trouve dans le besoin.

 

Excellence Monsieur le Président,

La recherche sans relâche des voies et moyens pour la résolution des épineuses questions sociales et politiques au plan interne, ne vous ont pas empêché de maintenir le cap de votre activité au niveau international.

 

Nous saluons ici la précieuse contribution du Bénin aux opérations de maintien de la paix et dans le règlement des graves conflits dont l’Afrique continue malheureusement d’être le théâtre  - au Congo Démocratique, au Soudan, en Guinée, au Zimbabwe - malgré toutes les crises auxquelles ces pays demeurent sévèrement confrontés. Il en découle que l’essor économique national, le développement et l’avenir des populations, surtout de la jeunesse, se trouvent sérieusement hypothéqués, parfois de façon qui semble presque irréversible.

 

Conscients que le développement intégral, authentique et efficace revêt absolument un caractère solidaire, nous adressons également notre reconnaissance à la Communauté Internationale pour la sollicitude et l’engagement avec lesquels elle œuvre dans un univers socio politique aujourd’hui si complexe et délicat, saluant ses nombreux et importants efforts pour solutionner ces drames et mettre fin aux dérives subséquentes de tous ordres.

 

Excellence Monsieur le Président,

Au-delà des frontières africaines, de nombreux pays sont aussi frappés par la violence des guerres et autres attentats. En Afghanistan, en Inde, en Irak, au Pakistan, tout comme pour beaucoup d’autres capitales occidentales et orientales, la menace terroriste est toujours présente, plongeant les populations dans une anxiété quasi permanente. Le Proche et le Moyen Orient, malgré les nombreuses tentatives et concertations de réconciliation, de règlement des différends, sont toujours minés par les conflits armés. Le « ping-pong » des roquettes et autres missiles n’a pas cessé entre Palestiniens et Israéliens, faisant souvent des victimes innocentes des deux côtés. Il n’y a cependant qu’un pas à franchir, celui de la justice et de la charité les uns envers les autres, pour que soient déracinées la haine et le désir de vengeance qui habitent les cœurs et qu’advienne un univers pacifié pour ces peuples.

 

Excellence Monsieur le Président,

Au regard de toutes ces violences meurtrières perpétrées çà et là qui n’honorent pas l’humanité et ne respectent pas la dignité de l’homme, le Bénin, qui continue de forcer l’admiration et l’estime de plus d’un, demeure une Nation de paix, de stabilité, de démocratie où chaque institution de la République, malgré parfois les divergences internes inhérentes à toute œuvre humaine, essaie de jouer sa partition pour des avancées substantielles.

 

S’il est vrai qu’aucune entreprise de l’homme n’est parfaite, il est tout aussi juste et évident que les bonnes dispositions de l’esprit et du cœur, la pratique des vertus, la compétence et l’efficacité dans l’activité, sagement accomplie, le dynamisme épanouissant sont les saines balises pour la pérennité et le développement intégral de l’entreprise.

 

Sur cette route de la paix, de la stabilité et de la démocratie, nous formons le vœu pieux, Monsieur le Président, qu’il en soit toujours ainsi pour Votre cher pays, avec l’espoir que tous les efforts concourent vraiment au bonheur du peuple béninois.

 

Je voudrais finir en Vous réitérant, au nom de tous les Membres du Corps Diplomatique, notre engagement à œuvrer de toutes nos forces à la consolidation des relations d’amitié et de coopération unissant votre pays, nos pays respectifs et les Institutions que nous avons l’honneur de représenter.

 

Qu’il me soit permis à nouveau, Monsieur le Président de la République, au nom du Corps Diplomatique tout entier, de redire à Votre endroit, à celui des membres de Votre famille et du Gouvernement ainsi qu’à tout le peuple béninois, mes vœux de bonne et heureuse année 2010.

Je vous remercie.

 

 

 
 

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